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Les riches au secours de la valeur locative

Le juge des loyers commerciaux fait du marketing. Naturellement c’est son rôle de dire la valeur locative et donc la commercialité. Mais là, il affine l’analyse. Dans le jugement rendu le 27 mars dernier dans l’affaire opposant la Sci Steelman 1 (Denis Oussadon) et Le Printemps qui demandait une révision du loyer à la baisse, celui de Strasbourg explique que la rue du Noyer, autrefois «délaissée», est au contraire devenue un secteur «très recherché» où se sont du reste établis H&M et Uniqlo – car sur le cheminement de Place des Halles, des places de l’Homme de Fer et Kléber et de la cathédrale. Mais emporté par son élan, le voilà affirmant que l’argument du grand magasin qui estime ne pas être impacté par ces enseignes qui ne sont pas de son niveau, est «une opinion datée» ! «Il y a longtemps que les riches achètent non seulement des diamants, mais aussi des strass, non seulement des vêtements de marque, mais aussi des fripes. La clientèle d’H&M va s’acheter un accessoire au Printemps, et le client du Printemps trouvera un petit haut ou un T-shirt pas cher chez H&M. La chalandise n’est plus cloisonnée. C’est une nouvelle forme de shopping», conclut le magistrat-marketeur. Qui, compensant cet avantage avec les difficultés de stationnement, la modification de la clientèle due au développement du tramway, la baisse du marché de Noël, l’ouverture du passage vers l’Aubette et la modification de la voirie, déboute le commerçant de sa demande. Reste à savoir ce qu’en pensera la cour d’appel. A. B.